/// Jour après Jour, daté du vendredi 20 février 2009
Pouvoir dachat, emploi, service public
LE «SOMMET SOCIAL» ACCOUCHE DE MESURETTES: POUR FO, IL FAUT MAINTENIR LA PRESSION
Les annonces effectuées par le chef de lEtat à lissue de la table ronde ont été estimées insuffisantes par les dirigeants syndicaux, qui ont confirmé leur appel à la mobilisation prévue le 19 mars.
Un «sommet social» dans une ambiance «tendue»: telle a été limpression ressentie par les dirigeants des cinq confédérations syndicales reçues au palais de lElysée le 18 février, dautant quil intervenait quelques heures après laggravation de la situation en Guadeloupe et lannonce de la mort dun syndicaliste. La Commission Exécutive Confédérale de FO a dailleurs, jeudi, condamné «toute la violence engendrée par le pourrissement du conflit» et «salué la mémoire du militant décédé dans ces tragiques circonstances».
Au sortir de la table ronde de lElysée, après de quatre heures d'entretien, les représentants syndicaux ont unanimement exprimé leur déception. Le secrétaire général de FO, Jean-Claude Mailly, a pris acte dune «fin de non-recevoir sur les salaires sur le SMIC et les négociations salariales de branches», souligné «des oublis, notamment pour les jeunes» et dénoncé le «refus d'un moratoire sur les 30.000 emplois publics», que les quelques «timides avancées» sur le «chômage partiel, la formation et les allègements fiscaux» sont fort loin de contrebalancer. Pour lui, il faut «maintenir la pression et le mouvement du 19 mars». Une position partagée par son homologue de la CGT, Bernard Thibault, qui a lui aussi confirmé la poursuite de la mobilisation syndicale: «nous nous rendrons à la rencontre unitaire de lundi avec l'esprit de travailler à un prochain rendez-vous revendicatif, qui est programmé le 19 mars». De son côté, le secrétaire général de la CFDT, François Chérèque a jugé «insuffisantes» les «mesures gouvernementales annoncées» et fustigé le «blocage idéologique» du chef de lEtat: «il nous parle de justice à la télévision» mais «continue à faire des cadeaux fiscaux aux plus fortunés». Bernard Van Crayenest de la CFE-CGC a estimé que, si «il y a certes eu un effort sur les familles modestes», «c'est bien insuffisant» tandis que Jacques Voisin de la CFTC a constaté que si «les lignes ont un peu bougé», «le compte n'y est pas», notamment sur les salaires.
Dans le cadre de la mobilisation pour la journée du 19 mars, une réunion doit se tenir lundi, dans les locaux de la CFTC, rassemblant non seulement les représentants des cinq confédérations présentes à lElysée, mais aussi ceux de la FSU, de l'UNSA et de Sud-Solidaires, qui ont participé à l'intersyndicale et aux manifestations du 29 janvier dernier.